Coup de culture / Automne 2021

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À chaque saison, je partage mes coups de cœur culturels, qu’il s’agisse de musique, podcasts, films, livres, spectacles… Pas forcément des nouveautés, simplement des choses qui m’ont marquée pendant la saison passée, et que j’ai envie de partager. J’espère que cela vous inspirera !


Film

Don’t look up – Déni cosmique (Adam Mc Kay)

Deux astronomes découvrent qu’une comète va s’écraser sur la Terre dans 6 mois, anéantissant toute forme de vie sur la planète. Ils s’embarquent alors dans une tournée politique et médiatique pour prévenir l’humanité, et vont se heurter au déni, à l’hystérie et à la division de la société.

Cette comédie dramatique complètement décalée est suffisamment réaliste pour laisser un arrière-goût bien amer… Parfaite satire de notre société, elle dresse le portrait caricatural de politiciens égocentriques, de businessmen mégalos et de médias obsédés par l’audience (le tout noyé dans les fake news et l’omniprésence des réseaux sociaux). Un petit air de déjà vu ? Il s’agit d’une référence à peine voilée à la crise climatique qui nous arrive en pleine face (à noter que le tournage a commencé avant le début de la crise sanitaire).
Le ton oscille entre humour et cynisme et les personnages grotesques sont parfaitement interprétés par les acteurs (Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep…). Si le film cible uniquement les Etats-Unis (quel autre pays pourrait mieux représenter l’excès…) il fait émerger une prise de conscience globale à travers une bonne dose d’humour noir. Un gros coup de cœur que je conseille à tous !

Disponible sur Netflix
(si vous avez un problème de son, choisissez la version « français » plutôt que « français 5.1 »)


Dune (Denis Villeneuve)

La maison Atreides (Leto Atreides, Dame Jessica et leur fils Paul) est missionnée par l’empereur de l’Impérium (un empire composé de centaines de mondes dans la galaxie) pour gérer la planète Arrakis, une vaste étendue de sable désertique. Il s’agit de la seule planète où on trouve l’Epice : la ressource la plus précieuse au monde, nécessaire à la navigation interstellaire et à l’amélioration des capacités humaines. Arrivés sur Arrakis, les Atreides vont vite comprendre qu’ils sont tombés dans un guet-apens orchestré par l’empereur et la maison Harkonnen.

Je ne suis pas vraiment fan des épopées de science-fiction (dans le genre de Star Wars ou du Seigneur des anneaux) mais ce film est une véritable claque ! Avant de découvrir cette version de Dune, je n’avais jamais entendu parlé des romans d’origine. Je le regrette aujourd’hui, tant l’univers (inventé par Frank Herbert dans les années 60) est riche et complexe. Au delà d’un environnement fantastique, on retrouve des problématiques très actuelles : pillage des ressources planétaires, avilissement des peuples autochtones, société basée sur la quête du pouvoir et l’enrichissement. La mise en scène et la photographie du film sont vraiment incroyables : tout est sublime et spectaculaire. Le travail du son n’est pas en reste, notamment grâce à la bande originale de Hans Zimmer. L’ayant vu au cinéma (plutôt indispensable pour ce film, selon moi) je peux dire que cela fait très longtemps que je n’avais pas vu du vrai « grand spectacle » qui me cloue à mon siège.
Je n’aime pas tellement mélanger romans et versions cinématographiques, mais je vais avoir du mal à résister à tout lire avant la sortie du prochain opus (qui, je pense, sera dans longtemps). Bref, j’attends la suite avec beaucoup d’impatience !


The harder they fall (Jeymes Samuel)

Le légendaire hors-la-loi Nat Love réunit son ancien gang pour venger le meurtre de ses parents, causé par le cruel chef de gang échappé de prison Rufus Buck.

Dans ce western, Jeymes Samuel se sert de personnages réels pour écrire une histoire fictive, à travers ces cowboys noirs légendaires de l’Ouest, complètement invisibilisés par la culture des westerns spaghettis. Cela ne vous rappelle pas un certain Django ? Il est en effet impossible de ne pas voir l’influence tarantinesque (c’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de le regarder), entre mise en scène extravagante, avalanche d’hémoglobine, dialogues décalés, musique pop et décors cadrés comme des chef d’oeuvres.
Si le scénario très (trop?) simple et les quelques longueurs cassent un peu la comparaison, cela reste un western moderne politiquement engagé (fait rare : la grande majorité des acteurs sont noirs), explosif et sacrément beau !

Disponible sur Netflix


Patients (Grand Corps Malade et Mehdi Idir)

Ben est devenu paraplégique incomplet à la suite d’un grave accident. Dans son centre de rééducation, il va rencontrer de nouveaux amis, tous en situation de handicap lourd. Ensemble, ils vont trouver l’énergie pour réapprendre à vivre.

Sans surprise, il s’agit de l’adaptation du roman autobiographique de Grand Corps Malade (ou Fabien Marsaud, de son vrai nom). L’histoire du slameur est déjà particulièrement touchante, et ce film lui donne toute sa profondeur, avec beaucoup d’humour et sans jamais tomber dans le mélodramatique. A travers les discussions entre patients, il reprend leurs souffrances et leurs inquiétudes sans rien omettre, des sujets les plus légers (draguer les filles) aux plus profonds (leur place dans la société).
Un film à la fois drôle, sincère et touchant, qui, au delà du sujet du handicap, nous parle de combat, de courage et de résilience. Une leçon de vie.


Livre

Les strates (Pénélope Bagieu)

Avec Les strates, Pénélope Bagieu signe sa première BD autobiograhique. On y découvre de petites histoires rapides, des anecdotes qui ont marqué sa vie d’enfant et d’adolescente jusqu’à l’adulte qu’elle est devenue.

J’ai un peu hésité avec le côté crayonné noir et blanc du graphisme, mais ce style laisse finalement toute la place à ce qui compte vraiment : le récit, les souvenirs, les émotions. Pénélope Bagieu a cette façon de montrer tout en disant peu, cette mise en page originale et irrégulière qui nous fait deviner ce qu’on ne peut pas vraiment décrire. Ce sont à la fois des histoires intimes et universelles, racontées avec beaucoup de sincérité et de délicatesse. J’ai eu les larmes aux yeux dès la première histoire et j’ai souri jusqu’à la dernière. C’est facile et rapide à lire, drôle et touchant.


Podcast

Contes des soirs perdus (Lloyd Blake)

Est-ce que, petit, on vous racontait une histoire avant de dormir ? C’est bien l’idée de Contes des Soirs Perdus, mais version adulte. Dans ces épisodes de 20 à 30 minutes, Lloyd Blake raconte les mythes et légendes du monde entier, de la mythologie aztèque, aux contes des Mille et une nuit, en passant par Le livre de la jungle et les légendes scandinaves. On est loin de l’univers de Disney : pas de version édulcorée ici, mais des récits parfois violents, drôles ou tristes (mais toujours bien documentés). La voix est agréable et posée, l’univers sonore est travaillé et la narration est parfaitement mise en scène.
C’est une pause avant de sombrer dans le sommeil, une façon de se bercer, un allié pour les insomniaques… et une belle façon de découvrir les histoires et le folklore des civilisations anciennes.

Un nouvel épisode est disponible un jeudi sur deux, sur toutes les plateformes de podcasts


Musique

Santa Machete

Santa Machete, c’est un groupe que j’ai découvert il y a quelques années au festival landais Musicalarue. En les revoyant sur scène récemment (d’autant plus dans un lieu qui me tient à cœur : le Café Boissec de Larbey), j’ai eu envie de leur faire une place par ici.

Ce collectif de 8 musiciens est décrit comme une fanfare afro-soul-dance-floor-roots-pimiento-cumbia-libre… et franchement, c’est plutôt bien représenté! Entre Afrique et Amérique latine, on voyage dans leur univers ultra festif en se remuant sérieusement (on n’est pas vraiment sur un concert paisible et intimiste…). Leurs looks et leurs noms de catcheurs mexicains (Pantera, La puta, Fiero verdugo, Il maestro, Rapaz, Cubi, El torofactor, Oubawa et Naaba) vont avec une mise en scène théâtrale et explosive. Du soleil et de l’énergie en musique, ce ne serait pas ce dont on a besoin en ce moment ?


Apelogies (Shaka Ponk)

Le dernier CD de Shaka Ponk (sorti en 2020) est une compilation pour les 15 ans du groupe rock électro. Il contient 3 CDs : le premier concentre les hits, le second mélange nouveaux morceaux et remix, et le troisième est l’enregistrement d’un concert à Paris avec Sankofa Unit Gospel.

Si j’ai une préférence pour le live version gospel (punk rock électro gospel… que demander de mieux ?), c’est un plaisir de retrouver les anciens morceaux ré-enregistrés mêlés aux nouveautés . Je suis également toujours aussi fan du travail graphique du groupe, entre cette pochette lenticulaire (ce plastique façon 3D qui change d’image… so 90’s !) et les nombreux stickers reprenant toutes les expressions de Goz, leur singe mascotte. On voit bien ici le travail titanesque du groupe : tout est soigné, pensé dans les détails, avec des notes d’humour glissées un peu partout.
Plus de 3h de musique et une vraie valeur ajoutée à leurs précédents albums (plutôt rare pour une compil) !


Si vous avez vous aussi des films, des podcasts, des musiques, des spectacles, des livres… quelque chose que vous avez particulièrement aimé pendant la saison passée, n’hésitez pas à le partager dans les commentaires !

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